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Faut-il être érudit pour aimer l'art ?

Faut-il être érudit pour aimer l'art ?

Pour qui a vu l’exposition « Carambolages » au Grand Palais, la question peut se poser. Quand on regarde les avis des visiteurs, beaucoup ont été décontenancés par cet accrochage atypique, par l’absence de cartels, par la juxtaposition d’œuvres d’époques et d’origines différentes, l’absence d’accompagnement pédagogique ou d’audio-guide …

 Pourtant l’intention du Commissaire Jean-Hubert Martin est bien inscrite au fronton de la première salle : « Listen to your eyes ». Laissez vos connaissances au vestiaire et regardez.

Les puristes s’offusqueront d’un accrochage qui ne tient compte ni des styles, ni des dates. A nous de faire les rapprochements, d’imaginer des liens graphiques, thématiques, fonctionnels on ne sait pas, c’est comme vous voulez. L’exposition devient un jeu de devinettes, et la consultation  des écrans latéraux qui identifient les œuvres ne donne aucune clé pour comprendre ces associations.

Le jeu se prolonge avec des web-apps proposées au téléchargement, dans lesquelles vous devez compléter les séries présentées. Et si l’accompagnement pédagogique au sens d’explications données est en effet absent, il est un autre accompagnement bien présent celui-là : apprenez à regarder, à identifier les points communs. Nul besoin d’en savoir long sur le travail des artistes, observez et vous serez surpris de tout ce que vous êtes capables de voir.

On ne peut pas reprocher à Jean-Hubert Martin de manquer de connaissances en histoire de l’art, et c’est justement parce qu’il est si érudit qu’il peut casser les codes avec autant d’intelligence et d’humour. Mais son message est clair, venez tous et ça n’est pas grave si vous ne comprenez pas, si vous n’avez pas les références. Les œuvres présentées sont souvent rares, très belles, et c’est tout ce qui compte.

En effet. Connaître l’histoire de l’art apporte une joie infinie, toujours renouvelée, mais l’envie de comprendre, de trouver des références n’enlève-t-elle pas de la pureté au regard ? N’a-t-on jamais eu envie de tout oublier pour aborder une œuvre avec des yeux neufs, libres de tout a priori ? Cela pourrait être vrai pour de nombreuses disciplines, mais l’art a ce privilège de parler avant tout à l’âme et au cœur, et il faut le préserver.

Cette exposition que nous avons beaucoup aimée vous l’aurez compris, est une belle occasion d’approcher l’art pour ce qu’il est, du plaisir.

De gauche à droite :

Ecole française, Louis-Antoine de Gontaut, duc de Biron, en paon, XVIII siècle. Huile sur toile, 67 cm x 51,5. Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Hervé Lewandoski

Crâne Asmat, Irian Jaya, Indonésie, XIXe - XXe siècle. Plumes, vannerie, coquillages, 27 cm x 20 x 25. Photo François Doury.

Annette Messager : Gants-tête, 1999. Gants, crayons de couleur, 178 cm x 133 x 10. Courtesy galerie Marianne Goodmann / Adagp, Paris 2016

Posted on 15/06/2016 by VP Divers 0 889

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