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"Les 7 marteaux de Libero" par Frédéric Oudrix

"Les 7 marteaux de Libero" par Frédéric Oudrix

Les 7 marteaux de Libero par Frédéric Oudrix

Dans les années 2000, quand je suis revenu à la peinture, je suis assez rapidement passé à des formats libres. Ça allait avec l’esprit de ce que je faisais avant en céramique murale. Des formes végétales et répétitives qui parasitaient les surfaces, qui partaient à droite, à gauche, et qui pouvaient éventuellement partir à l’infini. L’architecture d’un lieu m’a toujours intéressé en tant que céramiste, fermé, avec des angles, des portes, des fenêtres, mais c’était du domaine de la décoration.

La peinture remplit le même rôle, sauf que chaque peinture est une histoire particulière, intime. Ces choses intimes ont vocation à être exposées sans plus de démonstration.

Cela revient maintenant au même de travailler sur un format libre ou sur un format rectangulaire, parce qu’il y a des bords, des contours et il y a un centre avec lesquels on accroche la composition. Mais dans le format libre il y a aussi un rapport avec l’espace extérieur très fort et éventuellement les vides.

Le contour se définit de lui-même. Je commence à peindre et j’ajoute des fragments d’anciennes compositions. Comme je ne jette rien, l’idée de recycler mes propres peintures me plaît, elles me suivent, elles trouvent un rôle, souvent je les recouvre et tout ça crée un limon pictural, elles sont chargées du temps. Les histoires se chevauchent, s’emboîtent, et ça fait un monde. C’est une respiration. J’aime aussi que la peinture soit posée dans l’espace et qu’on puisse tourner autour.

Les « 7 marteaux de Libero » ont une histoire. Je vidais une cave. Il y avait des clous, des vis en grande quantité, tout rouillés. Je les ai jetés dans une poubelle puis je suis reparti dans la cave. En revenant avec d’autres drouilles, j’ai vu un homme qui récupérait tout ce que j’avais jeté, il trouvait que c’était merveilleux. Je lui ai alors proposé de lui donner des marteaux et comme c’était très lourd je l’ai raccompagné chez lui avec le seau rempli de marteaux. En repartant sa femme m’a pris la main et m’a dit « surtout pensez à nous ». Ça m’a bouleversé, et dans ces cas-là je suis obligé d’en faire une peinture. Ce monsieur s’appelait Libero.

La maison des 7 marteaux existe. Mais ce n’est pas celle de la réalité. Celle-ci vient de l’imagerie de mon enfance. Une cabane sans fenêtre.  C’est un lieu de mystère et de plaisir, elle est régénératrice. Ce qui devrait convenir à Libéro et à son épouse.

Posted on 28/10/2016 by Valérie P. Artistes 0 750

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